Pourquoi s’intéresser à l’Afrique?

À propos de Christian Gravel

Titulaire d’une maîtrise en gestion, Christian Gravel a vécu une douzaine d’années à l’étranger et possède une vaste expérience en marketing international et en gestion. À titre de conseiller, il a accompagné des dizaines d’entreprises canadiennes et étrangères dans la préparation et la mise en œuvre de plans d’affaires.

Depuis juin 2014, SERDEX International a organisé une dizaine de missions en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, ou y a participé. On nous pose souvent la question à savoir quel peut être l’intérêt des entreprises régionales de s’investir dans ces pays avec toutes les difficultés et problèmes que cela sous-entend. La réponse comprend plusieurs volets.

Une culture propice

D’abord, la culture et la langue. La grande majorité des pays d’Afrique de l’Ouest parlent le français, ce qui n’est pas le cas des Américains, des Australiens, des Chinois, etc., qui ont évidemment beaucoup de difficulté à communiquer avec les populations de ces pays. Pour nos entreprises régionales, la faiblesse d’être francophone devient un avantage. Qui plus est, les Québécois ont la cote par rapport au lourd passé colonial des Français.

Une structure industrielle avantageuse

La structure industrielle des entreprises régionales est un avantage. Tout est à construire dans une Afrique de l’Ouest qui manque de tout. L’énergie électrique, le développement minier et l’agriculture sont des enjeux prioritaires dans tous ces pays. Les grandes usines en place (huile, cimenteries, mines, etc.) manquent cruellement d’entreprises spécialisées uniquement pour maintenir à flot les équipements en place. L’industrie lourde, l’énergie électrique, la maintenance et les mines sont des spécialités régionales. Près de la moitié des minières en activité en Afrique de l’Ouest sont des entreprises canadiennes…

Une croissance considérable

Plus important encore est la démographie. La population en Afrique doublera d’ici 2050 pour passer à plus de 2 milliards de consommateurs. Le train africain se met en route et les entreprises qui, même modestement, monteront à bord pendant que le ticket d’entrée est encore accessible auront un avantage certain. D’ailleurs, la plupart de ces pays ont un taux de croissance annuel de leur PIB supérieur à 10 %.

Rien n’est facile quand on parle de développer de nouveaux marchés. Pour l’Afrique, les embûches sont nombreuses mais pas insurmontables. Plusieurs de nos entreprises régionales l’ont compris et sont déjà à pied d’oeuvre en train de semer pour l’avenir.

Donc, la vraie question devrait être : Est-ce que, comme entreprise régionale, et compte tenu des perspectives économiques futures, j’ai les moyens de ne pas être en Afrique?